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Archive for novembre, 2007

TheReappearance

novembre 29th, 2007 | Category: Extraversion

Pour rappel, je fais partie de ce magnifiquement-bientôt-très-célèbre groupe qu’est TheReappearance. Donc si vous voulez découvrir, ou juste voir les nouveautés (et il y en a) vous cliquez sur l’image là dessous avec les trois types… je ne sais pas vraiment qui ils sont mais on me souffle dans l’oreillette qu’il y a un certain Amaury, un Adrien et un Benoit. Cela dit vous faites ce que vous voulez. Bientôt une chanson avec la voix du gars au milieu dedans. Et ses paroles aussi. Enfin vous verrez bien.

TheReappearance

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novembre 25th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea

Sub[way(s)].

novembre 21st, 2007 | Category: Compulsive logorrhea

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Travis Ruse – Express Train: 6 Train ~ Bleeker St 9:10 am.

Il y avait cet homme dans le métro, seul mais peuplé d’espoirs. Il portait des lunettes, une chemise bleue et un pantalon noir, rien qui puisse le distinguer. Pourtant cet homme possédait une histoire, c’est ce que j’ai vu dès que je l’ai regardé. Juste une impression qu’un simple regard m’aura permit de confirmer.
Il s’était levé, une heure plus tôt, la tête encore encombrée de sommeil, il avait peu dormi. La raison de tout ceci était encore posée sur son bureau, les feuilles méticuleusement alignées à côté d’une machine à écrire hors d’âge. Après s’être versé un café, il s’était assis une fois de plus sur cette chaise, avait posé une fois de plus la tasse sur un coin du bois déjà recouvert de traces circulaires laissées par cette habitude. Il avait inséré une feuille dans sa vieille Underwood et avait écrit ces simples mots au milieu de la page: « Five past ten ». Il avait saisi le feuillet, l’avait placé sur le haut de la pile et recouvert d’une feuille vierge, pour le symbole. Il s’était ensuite habillé, finissant son café au passage. Puis il était sorti, la pile de feuilles entre ses mains, dans une petite boite en carton.
10h05: C’était l’heure de sa naissance, le 25 octobre 1966. Il avait commencé à écrire l’histoire de sa vie environ deux ans plus tôt, de façon discontinue au départ. Puis il avait vu un plan apparaître, lumineux dans son esprit. Les premiers mots il les avait tracés quelques semaines après la mort de sa femme, elle s’était suicidée. Il l’avait retrouvée un matin, noyée dans la baignoire de leur appartement. Elle s’était endormie sous l’eau pour ne jamais rouvrir les yeux. Sous la plaquette de somnifères vide, cinq mots « This is not your fault ». On n’imagine pas comme un simple ensemble de lettres peut déchirer l’intérieur d’un homme. Après avoir passé des jours et des jours au fond d’une nuit brumeuse d’alcool et de désespoir, il avait décidé de redonner une utilité à la machine qui traînait au fond d’un carton. Il devait faire quelque chose de sa vie même si c’était simplement taper sur des touches.
Et c’est ce qu’il avait fait. Avec des difficultés pour débuter, mais ensuite le reste se mit à suivre, comme un ensemble indissociable. Mais le malheur continuait à le ronger dès qu’il se levait de sa chaise. C’est à cause de cela qu’il était dans ce métro aujourd’hui, en direction de Brooklyn Bridge-City Hall, dans trois arrêts exactement. Son idée était simple, il allait finir son propre cercle. Pour l’instant, il pensait, les yeux fermés. Pas besoin de les ouvrir pour le moment, il s’arrêtait au terminus.
Lorsqu’il fut arrivé, il se leva doucement et sortit, sans se presser. Il avait tout son temps. Serrant toujours son manuscrit entre ses mains, il marchait, évitant tous ces gens pressés de vivre qui manquaient de le bousculer. Il ne disait rien, il réfléchissait, ou plus exactement, il se remémorait. A 9h55 il était rendu au milieu du pont de Brooklyn, là même où la courbe avait commencé à se tracer. Se serrant sur le côté, il n’écoutait pas les avertisseurs des voitures qui passaient en trombe à quelques centimètres de lui, il savait qu’il y avait une allée piétonne, il savait aussi qu’il voulait être sur cette voie-ci. Il était né sur ce pont, à l’intérieur d’un taxi, par une pluvieuse journée d’automne où les plus haut des buildings visibles depuis le pont étaient plantés dans les nuages. Quarante ans plus tard il était là à regarder son reflet dans les flaques en se demandant ce qu’était devenu le taxi. Mais il allait être temps de faire ce pour quoi il était venu.
Lentement il saisit les feuilles qu’il transportait, laissant tomber la boîte sur le sol mouillé. Il les souleva avec douceur au dessus de sa tête, tout en regardant avancer l’aiguille de sa montre. Au moment où les secondes atteignirent le 12, il jeta tout le paquet en l’air, comme une poignée de confettis énormes et maladroits qui retomberaient en voletant sur le sol. Il avait voulu disperser sa vie ici, à l’endroit même de son commencement, et c’était fait. A présent, il était un autre homme, débarrassé de son passé. Lentement, une des feuilles se posa à ses pieds, les autres étaient emportées au large par le vent. Il saisit cette page, la seule qui avait voulu rester avec lui et la retourna. Elle était blanche.

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Co-work [6]

novembre 13th, 2007 | Category: Co-work,Compulsive logorrhea

T.o.d.a.y.I.s.

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- Et il n’y avait pas ne serais-ce qu’un mot dans le colis, du genre « salut mec, ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu en tête-à-tête hein ? »
- En tête-à-tête, oui, toujours aussi tordant à ce que je vois…
- Oh ça va, sois sarcastique si ça te chante, mais répond moi quand je te pose une question.
- Si.
- Et qu’est ce que ça disait ?
Niels passa sa main sur le haut du réfrigérateur, soulevant au passe un nuage de poussière grisâtre. Il déplia le papier qu’il avait réussi à saisir.

- « Avec mes compliments, ton vieil ami R. », plutôt succinct, n’est ce pas ?
- R, comme l’autre barge, si c’est bien à lui que je pense ?
- Lui-même oui, ça ne fait aucun doute.
- Il n’est pas censé être en taule ?
- Pas tout à fait, aux dernières nouvelles, il avait été transféré en hôpital psychiatrique, apparemment il n’était pas très respectueux de ses petits camarades de cellule, surtout de leurs cadavres en fait. Mais je ne vais pas te raconter les détails de ses nouvelles perversions…
- Il semblerait qu’il soit sorti, et j’ai dans l’idée qu’il n’est pas totalement guéri.
- Je me suis fait la même réflexion. Ce qui est gênant c’est qu’il a retrouvé ma trace et donc la notre, qu’il nous en veut et qu’à mon avis, il n’est pas seul.

C’était officiel, j’étais que je le veuille ou non impliqué dans ce merdier à partir de cet instant. Je n’avais de toute façon aucun moyen de refuser d’aider Niels, plus maintenant. Il savait encore beaucoup de choses, ça se sentait. Décidément, il prenait son temps.

- Pas seul, qu’est ce que tu entends par là ?
- Tu te souviens de nos petits « ennuis » en rapport avec Ralph, il y a quelques temps ?
- J’aurais du mal à ne pas m’en souvenir, j’en ai gardé quelques cicatrices qui m’ont valu pas mal d’interrogations de la part de la gente féminine, vois-tu…
- Eh bien j’ai appris qu’il avait rassemblé tous ceux qui restaient de son « équipe », les morts ne reviendront pas évidemment, mais si on fait un rapide calcul, ça fait une demi-douzaine de fêlés qui auraient mieux fait de nous oublier et qui seraient ravis de voir nos têtes à côté de celle d’An.
- Et nous sommes deux, bien, très bien… On est bien parti.
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Éclats.

novembre 08th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea
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Il m’est arrivé de me découvrir dans un miroir, à deux heures du matin, quand les cernes sous mes cils n’étaient pas couchés. Visuelles cédilles troublant l’eau. Debout devant soi-même, en verre et contre toute attente. Le liquide dans nos pupilles voulait bien laisser passer la lumière. Le lien, la barrière. Réfléchissant, la lassitude. Toujours le même, entre quat’ z’yeux, comme ils disent. Trop fatigué pour se souvenir de quoi que ce toi. Trop fatigué pour écrire droit. Retomberont les éclats.

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