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mar 9

About matches.

Encore du recyclage. 2006. J’aurais beaucoup à dire sur les allumettes.

Parce que je n’en finis jamais avec ces images-là.

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Tous ces sentiments perdus qui se sont noyés en nos yeux, qu’on a tenté d’évacuer ou qu’on a enfouit au plus profond des replis de nos âmes. Tous ces mots qui ne sont pas sortis de nos bouches  et qu’on a ravalé, en silence.  Ce silence qui nous laisse un goût amer  sur le bout de la langue, qui enveloppe nos pensées et se brise à chaque seconde pour toujours se reformer.

Car seul le silence est éternel.

Tous ces gestes qu’on ne peut qu’esquisser, qu’on arrête à contrecœur parce qu’on sait que ce n’est plus pareil, que ce n’est pas possible. Et tout ce que j’aimerais écrire mais qui s’efface sans même s’être posé sur le papier.

On est tellement dépendant des autres… Mais on se sent toujours seul dans la foule.

Parce que les portes se referment une à une, qu’on se retrouve dans l’obscurité à chaque fois. Puis on craque une allumette dans un coin. Ça réchauffe et on se sent mieux mais on sait bien que ça ne durera pas. Et on se brûle les doigts en tentant de faire durer cette lumière une seconde de plus… Elle s’évanouit, nous laissant de nouveau dans cette nuit artificielle qu’on ménage autour de soi. Mais tout finit par recommencer.

Je voudrais qu’on m’explique ce qu’il se passe quand  on arrive à la fin de la boîte…

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Tout est diffus. Et si précis à la fois. Cet acide qui me ronge, je sais d’où il vient, s’écoulant lentement, distillant peu à peu son essence insidieuse en mes entrailles à vif. Appelez-moi Sisyphe. Cinq jours pour descendre, deux pour remonter. Et toujours ces cycles qui sans cesse ressassent les mêmes tristes absurdités. Si seulement le reste avait un sens, quelque chose à quoi s’accrocher plutôt que cet immuable recommencement toujours plus éloigné de toute forme d’épanouissement. S’arracher du sommeil qui manque toujours plus, tourmenteur qui se fait attendre pour ne finalement que trop peu durer. Vidé de toute volonté, les réflexions mènent face au mur, toujours le même. Armes pointées sur soi et ongles arrachés sur les angles des briques. Alors que passe la masse sur les bords sans que même un regard ne lui échappe. Mort pour le monde, une partie en tout cas. Et comme ils sont impuissants ceux à qui on s’accroche pour ne pas dévaler la pente. Comme nos doigts glissent sur eux comme leurs conseils ont glissé sur notre obstination. Ceux qui comme nous sont tournés vers la fin ne sont plus assez nombreux pour que persiste l’illusion d’autres solutions. N’en déplaise aux distributeurs d’espoir absents. Le décompte n’était qu’un détournement, décalage subtil de l’idée de départ qui reste la même obsession refoulée, ravalés avec toute son amère finalité. Reste une lumière, dernière allumette de la boîte. Sur cette flamme repose mon choix. Puisque je veux croire qu’il m’en reste un au-delà du dernier. Mais je doute. Et j’ai peur, tellement, qu’au prochain battement de paupière il n’y ait plus rien à voir.

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