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Archive for mai, 2010

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mai 14th, 2010 | Category: Compulsive logorrhea

Mon reflet a fermé sa gueule et est parti pleurer dans un coin. J’avais perdu, à ce moment là j’en étais sûr. Je me suis retrouvé comme un con face au miroir vide, à contempler la pièce derrière moi en me demandant où j’avais pu passer et ce que je fichais ici. Je l’ai appelé sans vraiment y croire et je suis parti moi aussi.

Mes pas m’ont mené dans le salon, face à un autre miroir, où j’ai retrouvé mon reflet. Mais il ne s’occupait pas de moi, il était de dos, face à la fenêtre, la tête entre les mains, agité de sanglots. D’un côté je l’enviais, lui au moins arrivait à pleurer. Je n’avais plus versé une larme depuis bien trop longtemps et j’avais l’impression d’être un lac asséché qui n’intéresse plus personne à part le vent et la poussière.

Je l’ai observé jusqu’à ce qu’il se mette à bouger, lentement. Il a ouvert la fenêtre et j’ai cru sentir un courant d’air, alors même que de mon côté, elle n’avait pas bougé. Puis il a grimpé dans le cadre et s’est mis debout sur le rebord. Il s’est retourné vers moi, me regardant presque, les yeux dans le vide. Je crois qu’il tentait de me dire quelque chose, par le regard. Sa main s’est levée, comme pour esquisser un geste, mais il l’a laissé retomber, avec un soupir.

De nouveau tourné vers l’extérieur, je l’ai vu se jeter dans le vide. Je n’ai rien entendu, bien sûr. Mais je suis tout de même allé voir par ma fenêtre, au cas où. La rue s’étendait, morne et vide, neuf étages plus bas, et rien ne s’y passait.

Je suis retourné dans le salon et me suis assis dans le canapé, tout en regardant son reflet rester vide.

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Ez3kiel vs Hint – Via Continum

mai 13th, 2010 | Category: Psychopathologies

Juste parce que c’est foutrement grandiose.
(à écouter avec un casque ou des enceintes dignes de ce nom, sinon ce n’est pas la peine)

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Words in collision

mai 12th, 2010 | Category: Compulsive logorrhea

C’est un lent psalmodiement, une rivière vocale qui s’écoule le long des parois, qui glisse jusqu’à s’évaporer dans un silence troublé par les âges. C’est le bruit des moteurs qui ne s’arrêtent jamais, le son de la machine qui broie chaque seconde, qui écrase les instants sous son implacable marteau mémoriel. L’oubli, c’est peut être son nom, qui s’en souvient ? Le vent passe, emmène la poussière, et tout recommence indéfiniment.

Les crash-tests préprogrammés sont sans surprise, tout le monde meurt à la fin si on va assez vite, seules les carcasses restent pour se décomposer ou finir en cubes impersonnels, fusionnels peut-être mais à l’excès. On finit par se rendormir en se disant que tout ça n’a pas vraiment de prise sur nous, mais ce sont nos rêves qui nous rappellent qu’un jour, peut être on sera nous aussi ce corps qui passe à travers la vitre. Une tragédie ordinaire comme on en fait temps, il n’est même pas sûr qu’on place un mémorial en plastique fleuri sur la barrière de sécurité. Requiem pour une vie disloquée.

La musique toujours, voilà le lien. Et mes doigts qui courent comme des araignées, que j’imagine un par un découpés par une hache. Ça serait très ironique, mais pas assez pour en rire, probablement. Alors au lieu de verser des larmes, j’arme des versets pour essayer de faire quelques trous dans vos bibles personnelles, celles qui vous servent de gilets pare-balles. Envoyer voler toutes ces autofictions pathétiques, vous forcer à voir le monde en découpant vos paupières à grands coups d’ouvre-boites.

Mais rien ne se passe ; le disque tourne. Et personne ne se soucie de savoir dans quel sens.

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Titre est inspiré par God Is An Astronaut, le morceau en question m’ayant servi de bande son.

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