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mai 12

Words in collision

C’est un lent psalmodiement, une rivière vocale qui s’écoule le long des parois, qui glisse jusqu’à s’évaporer dans un silence troublé par les âges. C’est le bruit des moteurs qui ne s’arrêtent jamais, le son de la machine qui broie chaque seconde, qui écrase les instants sous son implacable marteau mémoriel. L’oubli, c’est peut être son nom, qui s’en souvient ? Le vent passe, emmène la poussière, et tout recommence indéfiniment.

Les crash-tests préprogrammés sont sans surprise, tout le monde meurt à la fin si on va assez vite, seules les carcasses restent pour se décomposer ou finir en cubes impersonnels, fusionnels peut-être mais à l’excès. On finit par se rendormir en se disant que tout ça n’a pas vraiment de prise sur nous, mais ce sont nos rêves qui nous rappellent qu’un jour, peut être on sera nous aussi ce corps qui passe à travers la vitre. Une tragédie ordinaire comme on en fait temps, il n’est même pas sûr qu’on place un mémorial en plastique fleuri sur la barrière de sécurité. Requiem pour une vie disloquée.

La musique toujours, voilà le lien. Et mes doigts qui courent comme des araignées, que j’imagine un par un découpés par une hache. Ça serait très ironique, mais pas assez pour en rire, probablement. Alors au lieu de verser des larmes, j’arme des versets pour essayer de faire quelques trous dans vos bibles personnelles, celles qui vous servent de gilets pare-balles. Envoyer voler toutes ces autofictions pathétiques, vous forcer à voir le monde en découpant vos paupières à grands coups d’ouvre-boites.

Mais rien ne se passe ; le disque tourne. Et personne ne se soucie de savoir dans quel sens.

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Titre est inspiré par God Is An Astronaut, le morceau en question m’ayant servi de bande son.

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