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oct 13

#716 .ex

A force de se chercher, il n’allait plus nulle part, car il n’était nulle place dont il ne pensait avoir fait le tour. Les recoins de sa tête étaient tous explorés et, mis à nus, déversaient tranquillement une sourde douleur, celle de ne plus être un mystère pour personne tout en n’étant compris que d’eux-mêmes. Il n’y avait plus de commencement ni de fin, il n’y avait plus d’histoire, une somme de faits et rien d’autre, une somme de défaites et de renoncements, rien sur quoi écrire vraiment si ce n’est l’écriture seule, et encore, on ne savait plus vraiment où en venir.

Il avait gravi les marches qu’il avait fallu, avant de se rendre compte que son escalier n’était pas de ceux qu’on emprunte dans le sens de la montée. Illusoire, donc, le chemin. Et arrêté en plein milieu, il en était là, à se demander où il croyait arriver, lui qui n’allait nulle part.

2 commentaires

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  1. klausw décembre 3rd, 2010 1:37

    Je retrouve Beckett (et en moindre mesure, quelqu’un que j’aime moins : Michaux) dans certains de vos textes, la mise en forme de vos interrogations .
    Attention : Ne vous égarez pas dans le méandre de venelles sous la Croix-Rousse !!…

    ( Vs pouvez répondre sur :
     » das.augenlicht@gmail.com  » . )

  2. Sonia décembre 12th, 2010 12:51

    A chacun d’établir ses propres liens de faits dans une histoire, rien n’est propre à celui qui la compose. Ou alors est-ce comme ces peintures que l’on peint par petites touches et qui ne prennent leur sens que lorsqu’on les regarde dans leur globalité. Chaque unité de la toile n’a pas toujours grand intérêt en soi.
    Pas très plaisant pour ses personnages j’imagine. Pas moins touchant forcément pour autant.

    (cool de relire quelque chose d’un peu consistant ici…)

    Sonia_