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F.l.i.e(s) [11] >End.

juin 01st, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 11. [1] [2] [3] [4] [5] [6-7] [8] [9-10]

F.l.i.e(s) FULLFichier complet dans l’ordre chronologique. Au format PDF, pour lire ou imprimer.

J’avais essayé de parler alors que je marchais. Sans succès. J’étais muet, sans doute définitivement. Je savais que c’était de ma faute, mais la cause restait floue dans mon esprit, ma mémoire n’était pas bien revenue.

Je repensai à cet homme, Florent. Après son coup de téléphone il était revenu me parler, surtout de lui. Il m’avait dit être compositeur et chanteur, à l’occasion. C’était là, le déclic. Alors que j’avais tout oublié, une idée très nette s’était imprimée dans mon esprit: je haïssais la musique. Et encore plus, ceux qui la créaient.

Tout était alors allé très vite, j’avais été pris d’un accès de fureur totalement incontrôlée. Je me souviens d’une lourde statuette en pierre, froide dans ma main. Un choc, le sang chaud sur mes doigts. Je l’avais privé des siens, qu’il ne fabrique plus jamais ce que j’abhorrais tellement. Et ceux qui ne servaient pas, je les avais tordus jusqu’à la rupture, en me délectant de chaque craquement. Ensuite je l’avais ligoté, traîné dans sa chambre.

J’entendis une sirène au loin, qui se rapprochait. Je pris peur, mais réalisai rapidement que ce n’était pas la police. Dans l’éclair bleu d’un gyrophare, une ambulance me dépassa en trombe. Ce n’était rien de grave.

Cette interruption de mes pensées m’irrita. Où en étais-je déjà? Ah, oui… Cette chaleur, et le goût si particulier de fer rouillé du sang qui avait empli ma bouche quand j’avais mangé sa langue. Qu’il soit muet, lui aussi. Il le méritait.

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F.l.i.e(s) [9-10]

mai 31st, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 9 & 10. [1] [2] [3] [4] [5] [6-7] [8]

L’ordre de tout cela commençait à lui revenir. Disparition, recherche, transformation. Et maintenant, la fuite. Quelque chose avait motivé son changement, il n’arrivait pas vraiment à déterminer quoi. Il y avait eu ce déclic, cette pulsion. L’autre était sans défense, confiant. Ça n’avait pas été très long. Ce sentiment qu’il avait ressenti dans l’action, cette puissance… il n’aurait su dire d’où cela provenait. Mais, indéniablement, il avait adoré ça.

_ _ _ _ _ _ _ _

Une flaque rouge sombre. Au milieu, Florent, étendu face contre sol, les bras attachés dans le dos. Il semblait respirer, mais ne fit aucun signe pouvant montrer qu’il m’avait entendue arriver.

- « Florent… c’est moi, claire, tu m’entends? »

Voyant qu’il ne répondait pas, je fis la seule chose sensée qui me passait par la tête: j’appelai le 112. On serait ici dans une dizaine de minutes, le plus tôt possible apparemment. Comme cela me semblait long…

Je me baissai au niveau de Florent, je savais qu’il ne fallait pas le toucher, à cause de la colonne vertébrale, on ne savait jamais. Mais je voulais voir si je pouvais le détacher. Ses vêtements avaient la teinte marron du sang qui sèche, et en me penchant sur les liens, je vis pourquoi. Il lui manquait trois doigts à chaque main. Le pouce, l’index et le majeur. Tous trois coupés à la base. Ce spectacle me révulsa d’effroi et je dus faire un effort pour ne pas sombrer dans la panique. Je me rendis compte que les doigts qui restaient avaient été à chaque fois brisés, et leur torsion anormale ne faisait qu’ajouter à l’horreur de cette vision. Je ne tiendrais pas longtemps à supporter ça, je le savais. Je me demandais ce qui avait causé le reste de l’épanchement, sous la tête. Je me mis à espérer qu’il n’avait pas perdu trop de sang et qu’il, ne lâcherait pas avant l’arrivée des secours, et de la transfusion dont il aurait certainement besoin.

Je tremblais tant que je dus m’asseoir contre un mur. Je n’arrivais pas à croire que j’étais vraiment en train de vivre cette situation. C’était forcément… autre chose, un cauchemar, n’importe quoi d’autre.

J’étais, en plus de tout le reste, torturée par deux questions: Qui? Et Pourquoi? ça semblait impossible qu’un gamin ait pu faire ça à Florent, il avait beau ne pas être très impressionnant physiquement, il avait 23 ans et un corps d’adulte. Le père du gosse? Un psychopathe de passage? Il fallait au moins un motif, quelque chose…

La sonnette se fit enfin entendre, trois hommes. Ils firent vite et posèrent peu de questions. Florent fut emmené dans une civière et je demandai à l’accompagner dans l’ambulance. Il faudrait sans doute faire une déposition une fois à l’hôpital. Et je ne voulais pas le laisser seul, j’avais tellement peur pour lui. Sirène hurlante, le temps filait.

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F.l.i.e(s) [8]

mai 30th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 8. [1] [2] [3] [4] [5] [6-7]

Pas de réponse. C’était étrange de la part de Florent, d’habitude il se précipitait pour ouvrir. Je décidai de sonner à nouveau, il n’avait sans doute pas entendu. J’entendis le son étouffé de la sonnette lorsque mon doigt pressa le bouton. Je comptai jusqu’à vingt. Toujours rien. Bizarre. Et pas d’appel manqué ni de message. J’essayai alors d’ouvrir la porte. Elle pivota sur ses gonds après que j’eus poussé la poignée. Ça devenait carrément louche. Florent ne laissait jamais sa porte déverrouillée. Il était même totalement intransigeant là-dessus.

- « Florent, tu es là? »

Le mutisme total des murs de l’appartement fut la seule réponse à mon appel. Bon. Il était peut-être allé au commissariat seul, ou simplement sorti. C’était peu plausible, mais envisageable. Je composai donc son numéro pour en avoir le cœur net.

Tonalité. Une sonnerie. Rien. Une seconde. Rien.
C’est à ce moment que j’entendis un bruit, je me tournai vers sa provenance, et annulai l’appel. Devant moi, le portable de Florent cessa de vibrer. Merde alors. D’un pas lent j’entrai dans le salon pour m’asseoir. Je saisis au passage le téléphone posé sur le meuble à chaussures. Un appel en absence, le mien. Je me laissai tomber dans le canapé. Où était-il passé?

Tout ça était très inhabituel. Et Florent n’aimait pas tellement ça, l’inhabituel. Aucunes des possibilités qui se présentaient à mon esprit ne me semblaient satisfaisantes. Je laissai courir mes doigts sur le tissu poisseux de l’accoudoir en réfléchissant.

Le tissu… poisseux?

Je regardai l’accoudoir, puis ma main. Je dus me retenir de vomir. Elle était pleine de sang à moitié coagulé. Merde, merde, merde.

Je me précipitai vers la cuisine pour me laver les mains. Merde. C’est tout ce que j’arrivais à me dire. Au bout d’une demi-douzaine de lavages, je coupai l’eau. Qu’est ce que c’était que ce bordel? J’avais peur de retourner au salon, et surtout de ce que je pourrais y trouver. Là ou ailleurs. Est-ce que Florent avait..? Oh non, pas lui. Mais alors, quoi? Peut-être m’étais-je toujours trompée à son sujet… pourquoi, alors? D’autres personnes? Je n’arrivais pas à comprendre.

Prudemment, je retournai sur mes pas, observant chaque détail avec attention. Des taches sombres sur le sol, une traînée sur le mur, le canapé maculé sur le côté droit, des traces vers la chambre. Je tremblais en les suivant. J’étais absolument terrifiée. Je dus m’arrêter au milieu du salon, je chancelais. Accroupie sur le tapis, j’essayai de réprimer les élans effectués par mon estomac pour retrouver la sortie. Tout ce sang me faisait me sentir mal. Je n’avais jamais supporté de regarder les blessures, trop d’empathie probablement, j’avais parfois plus mal que le blessé lui-même. Vu la quantité d’hémoglobine répandue ici, je pouvais néanmoins penser que ça ne serait pas le cas. Et c’était tout sauf rassurant.

Je réussis à marcher dans la direction de la chambre. La poignée était presque exempte de taches. Je posai ma main sur le métal glacé. Et je fermai les yeux en ouvrant la porte.

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F.l.i.e(s) [6-7]

mai 29th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 6 & 7. [1] [2] [3] [4] [5]

La douleur.
Rien d’autre.
Ma tête en est saturée. J’ai mal. Mal. Je ne sais même plus où tellement c’est intense. Insupportable. Je ne sais rien. Je ne vois qu’une lumière trouble derrière mes larmes. Je ne vois que cette lumière qui diminue. Noir.

_ _ _ _ _ _ _ _

Il courait, sans s’arrêter. L’adrénaline avait supprimé en lui toute sensation de fatigue physique, il accélérait, grisé par l’effort. Dans son champ de vision réduit passaient des gens qu’il contournait, des poteaux, des rues à traverser. Peu lui importait où il était, tant qu’il était loin. Et le plus était le mieux.

Il continua encore quelques minutes à ce rythme, puis son corps se rappela à son souvenir. Il se mit alors à marcher, tentant de reprendre son souffle. Un regard vers ses mains suffit à lui faire revenir en mémoire la gravité de la situation. Il allait falloir nettoyer ça, et vite. Heureusement, la pluie de la journée précédente lui permit de faire disparaître une large partie des traces dans une flaque. Ses vêtements sombres ne laissaient pas trop voir de tâches, mais il faudrait qu’il songe à les changer quand il le pourrait.

Pour l’instant il s’agissait de savoir où il se trouvait. Le paysage qui l’entourait ne lui disait vraiment rien, il avait du courir beaucoup plus longtemps que ce qu’il avait cru. Il fallait se rendre à l’évidence, il était perdu. Pas le plus petit soupçon de ce qui aurait pu ressembler à un point de repère familier. Comme s’il avait besoin de ça.

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F.l.i.e(s) [5]

mai 28th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 5. [1] [2] [3] [4]

Claire s’était toujours sentie comme étant une sorte de grande sœur pour Florent, elle sentait qu’il réclamait une sorte de protection de sa part. Au début elle trouvait cela attendrissant, ils avaient même eu une histoire ensemble, mais elle avait réalisé au bout de quelques temps que ça ne lui allait pas.

Elle y repensait en enfilant ses chaussures, ce coup de téléphone, c’était typique de Florent. Confronté à une situation qui le dépassait, il avait appelé à l’aide, comme on appelle sa mère la première semaine que l’on passe seul, pour lui demander le temps de cuisson d’un plat. Elle soupira. Ce rôle qui était le sien ne lui déplaisait pas toujours, elle devait avoir un certain instinct maternel.

Claire prit son sac, y glissant au passage son portable, et sortit. Une fois passée la porte du hall, l’air chaud l’enveloppa. Elle marchait d’un pas rapide, décidé, son sac en bandoulière lui battant le flanc droit. L’immeuble n’était pas loin, elle fut vite arrivée.

Un groupe de garçons jouait au foot devant l’entrée, un gosse sortit en courant quand elle entra, deux petites jouaient à la poupée dans le hall. Elle n’avait jamais connu cet endroit autrement que dans cette ébullition permanente, elle monta l’escalier rapidement et sonna.

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F.l.i.e(s) [4]

mai 27th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 4. [1] [2] [3]

- « Oui?

- Salut Claire, c’est Florent, tu aurais un peu de temps à m’accorder?

- Tu sais Florent, j’ai ton nom qui s’affiche quand tu m’appelle, donc c’est pas la peine de… ouais, dis toujours?

- Je ne m’y ferai jamais… Voilà, je sais qu’en général tu te débrouilles pas mal avec les gamins non?

- Euh… oui, mais pourquoi?

- J’ai récupéré un gosse sur le toit de mon immeuble, et il se trouve qu’il est à la fois aphone et amnésique… imagine un peu. Et je ne sais pas tellement quoi faire.

- Tu n’as pas pensé à simplement l’amener aux flics? Si ça ce se trouve, ses parents le recherchent. Et puis, qu’est ce qu’il fichait sur ce toit en plus, il est de l’immeuble?

- Je n’en sais rien, je ne crois pas, non.

- Bon, amène-le au commissariat, tu verras bien ce qu’ils vont te dire. Tu es bien capable de faire ça, je suppose.

- Merci du réconfort… Tu sais Claire, j’aimerais quand même que tu viennes, je me sens mal à l’aise avec lui… Je veux bien avoir l’air cool et sympa cinq minutes, mais je ne sais vraiment pas m’y prendre…

- Ok, ok… Je suis chez toi dans dix minutes, un quart d’heure grand maximum, mais c’est vraiment parce que c’est toi.

- Merci Claire…

- Allez, ne le laisse pas tout seul comme ça. J’arrive, puisqu’il faut toujours t’aider pour tout… »

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F.l.i.e(s) [3]

mai 26th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 3. [1] [2]

Il faut que ça s’arrête, et vite. Je veux sortir de ce cauchemar insensé. Ma tête est lourde, et je n’arrive pas à cesser de tousser. J’ai mal. Du sang sur ma main, qui vient de ma gorge, je ne comprends pas.

Il y a un homme devant moi, il vient de me re-demander si je veux qu’il appelle un médecin. Je fais « non » de la tête. Ça ira. Dès que j’aurai arrêté de m’arracher la gorge. Je me calme.

J’ai oublié. Le jour, le lieu, ce que je fais là et d’où je viens. Mon crâne m’élance. Je voudrais m’en débarrasser, il ne répond même pas à mes questions. J’aimerais demander à l’homme qui il est et pourquoi je suis ici, mais j’ai peur que la toux reprenne. Il a l’air assez désemparé, il faudrait que je puisse dire quelque chose. J’essaie:

- « … »

Rien, ma gorge produit un bruit rauque accompagné d’une forte douleur. Mais pas le moindre son intelligible. Celui qui est assis en face de moi semble avoir compris, il me demande:

- « Tu ne peux plus parler? »

Je secoue la tête. Il a l’air très embêté.

- « C’est sans doute une sorte d’extinction de voix… Tu veux quelque chose pour écrire? »

Je hoche la tête, il se lève et prend un stylo ainsi que quelques feuilles sur une table dans un coin.

- « Tout d’abord je voudrais savoir ton prénom… ça me dérange de te dire simplement « tu », comme ça. Moi c’est Florent. »

Mon prénom? Est-ce que je m’en souviens seulement… Ah, oui. C’est déjà ça, peut-être que c’est juste un choc passager et que tout me reviendra rapidement. J’écris, en majuscules: « ETUM ».

- « Etum, c’est de quelle origine? »

Quelle question… Si seulement je me souvenais des choses importantes déjà… Mais il ne peut pas savoir. Je griffonne: « Je ne sais pas ».

- « Hum… tant pis. Tu habites loin? Tu pourrais rentrer chez toi tout seul? »

Je lui désigne la feuille que je viens de poser.

- « Tu… ne sais pas? »

Je hoche la tête. L’incrédulité se lit sur son visage.

- « Tu ne te moques quand même pas de moi, j’espère. Muet et amnésique, ça fait quand même beaucoup à la fois… »

Je réponds en secouant la tête. Je voudrais bien être en train de faire une blague, ce n’est malheureusement pas le cas. J’écris: « Je ne me souviens de presque rien, je suis désolé ».

- « C’est bien ma veine. » Soupire-t-il. « Mais tu n’as pas à être désolé, je suppose bien que tu n’y peut rien, et que c’est bien plus désagréable pour toi que pour moi, cette situation… »

Un silence. Il semble songeur. Je voudrais pouvoir l’aider un peu. Il semble avoir une idée.

- « Reste ici, je vais téléphoner à quelqu’un, une amie à moi. En attendant, tu peux boire l’eau qui est sur la table basse, c’est pour toi. Je ne suis pas loin, si tu as besoin de quoi que ce soit… euh. Je serai dans ma chambre, juste derrière la porte de gauche. Puisque tu ne peux pas parler, tu pourras venir ici, ou faire du bruit si nécessaire. Mais normalement tout ira bien, n’est ce pas…

Il sort du salon par la porte qu’il m’a désigné. Je prends le verre d’eau avec appréhension. Ça risque d’être douloureux, mais j’en ai sans doute besoin. Je bois. C’est supportable, et même rafraîchissant, je repose le verre. Je n’ai plus qu’à essayer de rassembler quelques morceaux de ma mémoire en attendant qu’il ne revienne.

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F.l.i.e(s) [2]

mai 25th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea,F.l.i.e(s)

Part 2. [1]

Le cri avait cessé, mais j’étais resté crispé sur ma chaise. Mon livre, que j’avais lâché, gisait au sol, ouvert. Qui avait bien pu faire ce bruit? Mon balcon était au quinzième étage, au-dessus, il n’y avait rien, normalement. Et pourtant, quelqu’un venait de pousser un cri, au-dessus de moi.

L’idée me vint que la plupart des cris formés sur les toits des immeubles tendaient à se terminer beaucoup plus bas que leur point de départ. Ce n’était pas le cas. Un hurlement, glaçant certes, mais tout simple, et rien. Plus un bruit. Je décidai d’aller voir.

Je me levai, ramassai mon livre au passage et sortis. Comme je m’y attendais, la porte menant au toit était entrebâillée, je montai l’escalier métallique avant d’arriver à une autre porte, qui elle était fermée. Je l’ouvris.

Devant moi, il n’y avait rien à part des dalles de béton, des antennes et beaucoup de ciel. Mais comme l’accès était situé au milieu du bâtiment, ça ne voulait pas dire grand-chose. J’avançai pour pouvoir regarder partout. Je remarquai une forme sombre étendue sur le sol et, pensant au pire, couru vers elle.

C’était un gosse, entre 8 et 12 ans probablement. Sa poitrine se soulevait régulièrement et l’air qu’il inspirait produisait un étrange chuintement en ressortant. J’essayai de le réveiller en le secouant un peu, mais cela n’eut pour effet que de basculer sa tête sur le côté, révélant un filet de sang qui avait coulé de sa bouche sur sa joue. Il devait être sérieusement sonné, je me demandais ce qui avait pu le faire crier. Mis à part le sang sur son visage, il ne semblait rien avoir. Je décidai de le porter jusque dans mon appartement et d’attendre un peu avant de déranger le SAMU, ça ne semblait pas trop grave.

Je posai le gamin sur mon divan. Il n’était pas très lourd, le trajet n’avait pas pausé de problèmes. Cependant il ne semblait pas décidé à reprendre ses esprits. J’allai chercher un verre d’eau pour le poser sur la table basse, pris une chaise et attendis de voir ce qui allait se passer.

Au bout d’une dizaine de minutes, je notai que le garçon semblait revenir à lui, ses paupières s’agitèrent et il remua un peu. Après quelques instants, il ouvrit les yeux. Je me dis qu’il valait mieux que je lui explique ce qu’il faisait là:

- « Je t’ai entendu crier sur le toit, alors je suis venu voir ce qui se passait. Comme tu étais dans les pommes quand je suis arrivé, je me suis dit que tu trouverais sans doute plus agréable de te réveiller sur un divan plutôt que sur une dalle brûlante. »

Il ouvrit le bouche pour répondre, prit une inspiration bruyante et se mit soudainement à tousser comme un fumeur proche de la tombe. Ce qui m’effraya fut de me rendre compte que le petit crachait du sang, et qu’il semblait souffrir sérieusement.

- « Tu veux que j’appelle un médecin? »

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