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Co-work [12]

avril 17th, 2009 | Category: Co-work,Compulsive logorrhea

T.o.d.a.y. i.s. a. b.a.d.d

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- Une tapette avec des couilles plus grosses que ta tête, ma chère, dis-je quasiment instinctivement.

Je ne savais pas vraiment pourquoi mais même la présence de ces armes en surnombre n’arrivaient pas franchement à me rassurer. Pour tout dire je ne savais toujours pas pourquoi j’avais pu considérer que rester chez moi n’était pas la bonne option ce matin. Parce qu’elle me semblait foutrement attrayante à présent. Laura ne releva même pas, continuant à jouer avec son engin de destruction, vissant et dévissant le silencieux. Pierre quant à lui se saisit négligemment du fusil assaut, comme s’il venait en fait de le laisser là.

- Depuis le temps que tu m’as emprunté ce truc, Niels, j’en aurais presque oublié l’existence, tu ne l’as pas abîmé au moins? En tout cas ça fait plaisir de le retrouver.

Ben voyons, Pierre qui éprouve du plaisir? Mais on aura tout vu aujourd’hui. En plus il n’y avait même pas de fusil à pompe dans cet arsenal. Monde de merde.

- Tu cherches ton Benelli adoré, j’imagine, me dit Niels avec douceur.
- C’est cela même, tu l’aurais pas planqué juste pour m’ennuyer, toi ?
- Pas exactement, je n’ai jamais dit que tout l’arsenal était là, ici ce n’est que le « buffet », avec un assortiment de vos friandises préférées si l’on puis dire. Je dois avouer que comme je ne savais pas si tu jetterais ton dévolu sur une paire de flingues ou un shotgun, j’ai laissé ceux-ci dans l’armoire.

En finissant cette phrase, il désigna alors un des murs qui, effectivement comportait deux ronds dont on pouvait supposer qu’ils correspondaient à deux poignées de portes. Je me fustigeai mentalement de n’avoir rien vu en entrant, ce qui était une erreur grotesque liée à mon stress. Je suis allé ouvrir directement, dévoilant un râtelier qui, s’il n’était pas franchement imposant, n’en était pas moins d’une taille tout à fait respectable. Il contenait principalement des fusils à pompe mais aussi quelques mitraillettes de type UZI, avec lesquelles je n’avais aucune expérience. Sur le sol trônait une MG249, arme rêvée d’An qui n’avait jamais pu en posséder faute de moyens. Elle semblait être là en hommage à celui-ci, bien que je soupçonne un autre motif nettement moins agréable. Mais je ne comptais pas ouvrir les hostilités à ce moment, j’étais bien trop satisfait de retrouver mon Benelli pour l’instant. Je suis revenu au milieu de la pièce, où tout le monde avait eu le temps de s’équiper. Niels leva les mains, indiquant qu’il demandait toute notre attention.

- Je vois que chacun a trouvé son bonheur ici. Nous allons à présent nous rendre sur le champ de tir. Je ne compte pas vous mettre à l’épreuve, je veux juste que vous vous sentiez de nouveau en phase avec votre arme, histoire de pouvoir donner votre maximum si besoin est sans problèmes inutiles liés à un manque de préparation. Après ça vous irez dans une chambre qui vous sera individuellement désignée. Je refuse de transiger vis à vis de ça, que les choses soient claires, d’ailleurs Laura aussi dormira à part, au cas où quelqu’un ose se poser la question. Evidemment, vous aurez mangé entre temps et eu le temps de prendre une douche dans la salle prévue à cet effet. S’il y a des questions, qu’on les pose tout de suite, j’ai encore une info importante à vous donner avant de partir.

Personne n’esquissa de réelle réaction. Pierre avait eu le temps de démonter et remonter son arme les yeux fermés pendant ce discours, chose qui ne laissait pas grand doute quand à la persistance de ses réflexes. Laura avait à peine levé un sourcil quand Niels avait lâché sa phrase sur les chambres seules et moi, eh bien, je n’en avais plus grand chose à cirer, je me laissais porter par le mouvement. Pour l’instant.

- Très bien mes loulous, je vois que vous commencez à saisir l’esprit de la journée. Maintenant c’est l’heure du goûter, oasis et snickers pour tout le monde!

Il sortit donc tout naturellement des barres de concentré nutritif et des boissons énergisantes d’un des tiroirs de la table. Une de chaque par personne. Décidemment, tout était prévu, à Nowhere Land. Pour un peu, on se serait cru en colonies de vacances. Un gros peu, j’admets, mais tout de même. Chacun prit sa part et commença à manger. Une fois les denrées englouties, Niels nous fit signe de le suivre.

Le champ de tir était situé dans un autre étage. Le troisième, si j’avais bien compté. Et visiblement, il en occupait une partie assez importante, nous étions arrivés sur une plateforme qui surplombait la zone proprement dite, ce qui donnait un bon aperçu de la chose. Rien n’avait été oublié, cibles mouvantes, statiques et décors urbains reconstitués. J’étais assez impressionné, il fallait l’admettre. Niels nous dit alors que nous n’avions qu’à suivre les flèches. Et il partit devant, son flingue à la main, chopant au passage quelques chargeurs sur une table. Il descendit une échelle et passa une porte qui se ferma derrière lui. Un panneau à côté de cette porte passa immédiatement au rouge. Il affichait précédemment une flèche verte. Pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour piger le principe. Celui qui avait conçu cet endroit était vraiment un acharné, mais il aimait le travail bien fait, et ce n’était pas pour me déplaire. Ceci dit, cela me faisait un indice de plus pour dire que Niels n’était pas seul derrière tout ça. Sinon il ne se serait pas donné la peine de passer devant. Quelque chose me disait même que lui non plus n’était pas forcément totalement briefé. Et le fait qu’il puisse manquer des éléments à Niels, ce n’était pas franchement quelque chose de rassurant.

- Bon les glandus, moi j’y vais, lâcha Laura.

La flèche était effectivement de nouveau passée au vert, mais Pierre était trop absorbé par la contemplation du parcours de Niels pour s’en apercevoir. Je ne m’en étais même pas rendu compte, tellement le vide que j’avais fait dans mon esprit était grand. Encore un vieux réflexe qui revenait, je suppose. Penser à autre chose peut aider à mieux réussir ce genre d’épreuve. C’est quelque chose que j’avais appris à mes dépends bien trop tard mais qui depuis ne m’avait plus quitté. Soit. Qu’elle passe. Nous y passerons tous, de toute façon. Et je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire en pensant cela.

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Co-work [10]

février 15th, 2008 | Category: Co-work,Compulsive logorrhea

 T.o.d.a.y. i.s. a. b.a.

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Il ne le sortit pas, mais je pouvais voir qu’il avait sa main sur un objet au reflet très particulier, un reflet que je connaissais presque aussi bien que le mien, celui d’un flingue. Et pas n’importe lequel. C’était l’ancienne arme fétiche de Niels, celle qu’il portait en permanence sur lui à une époque. Je pensais qu’il s’en serait débarrassé, mais sans vraiment y croire. C’était une de ces armes de film qui en imposent, de celles dont le prestige suffit à faire comprendre à celui qui se retrouvait en face qu’on avait soit affaire à un frimeur, soit à un passionné. Et Niels était tout sauf un frimeur, il prenait soin de son Magnum Desert Eagle comme s’il avait fait partie de son corps. En un sens c’était un peu le cas, sans lui, il aurait cessé de vivre il y a plusieurs années.

- Les gars, préparez-vous à sortir vite fait, je ne suis pas sûre de ce qui se passe, mais je préfère ne prendre aucun risque. Faites gaffes à vos têtes, ça va secouer un peu… maintenant.

Tirant d’un coup sec le frein à main, Laura fit pivoter un grand coup le volant, retournant ainsi la voiture au milieu d’un carrefour. J’avais posé le pied sur le sol alors que des graviers retombaient encore aux alentours, me maudissant de n’avoir pas pris d’arme sur moi, ne serais-ce qu’un canif. Une voiture déboucha de la ruelle et s’arrêta à quelques mètres, plutôt doucement, c’était assez étrange et je commençais vraiment à me demander ce qui pouvait bien se passer. Les autres étaient prêts, rien de visible, mais je savais que chacun d’entre eux ne mettrait pas plus de quelques secondes à se transformer en machine à tuer s’il le fallait. Les vieux réflexes, surtout s’ils étaient liés à la survie, seraient bien vites revenus. La portière du véhicule gris s’ouvrit, côté conducteur. Un grand type brun en sortit toussa un coup et cria :

- C’est sympa de vous être arrêtés, j’avais pas l’intention de faire la course avec vous hein, je voulais juste un renseignement.
- Quel genre de renseignement ? demanda Niels, toujours sur ses gardes.
- Eh bien, c’est à dire qu’en voyant quatre jeunes comme vous dans une voiture, dans ce coin je me suis dit que vous pourriez m’aider, je vous ai suivi pour ça en fait, il n’y a personne par ici alors je désespérais un peu et… enfin bref je me demandais si vous pouviez m’indiquer le bar l’Inferno, je sais que c’est plutôt jeune comme public et il se trouve que j’ai rendez-vous là bas mais que j’ai perdu l’adresse et le numéro de téléphone de la personne que je dois y retrouver… Je ne peux pas me permettre d’être en retard alors si vous saviez, vous me sauveriez la vie…

Nous devions tous avoir l’air perplexe parce qu’il a très vite commencé à se diriger vers sa voiture en s’excusant de nous avoir dérangés, mais Niels l’a arrêté en lui indiquant un itinéraire. Le gars l’a remercié chaleureusement et est reparti en faisant crisser ses pneus. Je soupirai un grand coup et remontai à ma place. Laura avait l’air un peu gênée, Niels semblait plutôt pressé et Pierre s’en foutait ou semblait s’en foutre, comme d’habitude.

- Il était correct ton itinéraire ?
- Tu t’en doutes non ? Tu m’avais habitué à moins de naïveté Ian, je n’ai pas la plus petite idée d’où se trouve son troquet et pour tout dire, ça ne m’intéresse pas. Au moins ce type sera reparti rassuré, c’était en quelque sorte une bonne action sur un très court terme que de lui indiquer n’importe quel chemin, à l’échelle de quelques minutes, en fait, je suis un type formidable, tu vois ?
- Question de point de vue oui, ça se tient.

Nous avions déjà fait demi-tour et nous dirigions vers ce fameux lieu sans nom qui avait tendance à m’intriguer. Laura semblait être assez au courant puisqu’elle conduisait sans carte. Au début cette façon qu’avait Niels de ne donner certaines informations qu’aux personnes concernées me hérissait, mais je m’y étais fait. Pour le moment je me réadaptais et je dois dire que j’étais un peu irrité. Ça plus le fait que je me sente vulnérable n’avait pas arrangé ma mauvaise humeur de la journée. Vraiment, je crois que j’aurais aimé dormir un peu plus. Il était a peine midi et il m’était déjà arrivé plus d’emmerdes que j’avais l’habitude d’en essuyer en quelques semaines. Décidément, j’étais mieux chez moi. Niels interrompit mes amères réflexions de façon brusque :

- Nowhere land, terminus, tous les passagers sont invités à descendre. Et on se magne, dès que cette tire est à l’arrêt. Cela dit, pas de précipitation non plus : de l’efficacité et de la discrétion, vous n’avez pas oublié ça, j’en suis sûr. Allez, go.

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Co-work [8]

février 11th, 2008 | Category: Co-work,Compulsive logorrhea

 T.o.d.a.y. i.s. a.
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- Très bien, dit Niels, bonjour Pierre, on s’échangera les amabilités après, pour l’instant tout le monde est à peu près concentré sur ce qui nous occupe. Je t’ai déjà un peu briefé à part, donc tu es au même niveau que les autres, normalement ça devrait aller. Des objections, vous autres ?

Bien entendu, il n’y avait pas d’objections. Niels avait toujours été notre coordinateur, je n’irais pas jusqu’à dire « chef », mais c’était tout comme. Il avait toujours tenu à ce qu’on écoute attentivement ce qu’il avait à nous dire, étant donné qu’il détestait se répéter et qu’il n’hésitait pas à nous faire payer cher nos fautes d’inattention. J’ai gardé sous forme d’une balafre au cou un souvenir plutôt vivace d’une fois où j’avais eu le malheur de me planter complètement d’objectif. Ça n’avait pas été grave, mais Niels tenait aux principes, et je savais maintenant qu’on ne pouvait pas jouer avec ce genre de choses.

- Nous avons donc plusieurs problèmes, mais rien de grave, si on s’y prend bien. Ce qui sera grave, ce seront les conséquences si l’un d’entre vous merde, parce qu’on ne peut strictement pas se permettre d’avoir la moindre faille. Vous pouvez être blessés, sérieusement, mais vous n’avez pas le droit de dévier de notre objectif. Je ne vous fais pas l’affront de vous demander si c’est clair, ça doit l’être de toute façon. Il y a donc que notre grand ami Ralph que Laura ici présente n’a pas encore le bonheur de connaître en a après nous. D’après mes, ou plutôt ma seule et unique source, il est en ce moment même en train de rassembler les restes de sa bande dans le but de déclencher une sorte de vendetta contre nous. Heureusement, cela prend du temps car tous ces abrutis sont dispersés un peu partout, mais il finira par y arriver. Etant donné les moyens dont il dispose, il va nous falloir être assez prudents. Je sais que cette ville est loin d’être le Far-West, mais ce n’est pas ça qui l’empêchera de nous faire massacrer dans la rue s’il en a l’occasion. De toute façon il est systématiquement jugé comme n’étant pas maître de ses actes à chacun de ses procès. Mais vous êtes au courant, n’est-ce pas. Maintenant, veuillez m’excuser un instant, je reviens.

Il était sorti de la pièce, manifestement pour aller prendre quelque chose dans la chambre. Personne ne semblait vouloir ouvrir la bouche entre nous trois, mais finalement Pierre a brisé le silence :

- J’espère qu’il a un plan qui en vaut la peine et qu’il ne va pas passer son temps à forniquer avec des tueuses à gage…

En disant cela, il avait eu un léger regard en coin vers Laura. Elle s’est contentée de poser sa bière et de le regarder droit dans les yeux en déclarant :

- Si tu refais une seule remarque de ce genre, tu risques bien de ne plus pouvoir forniquer de toute ta pathétique existence, que ce soit avec des tueuses à gages comme tu dis, ou avec ta propre main droite, sombre crétin.
- On dirait bien que certaines personnes ici sont un peu imperméables à l’ironie. Très bien, mais n’oublie pas que si tu portes atteinte à mon intégrité physique, cela risque bien d’être la dernière chose que tu auras faite avant d’aller cramer en enfer.
- Bien, maintenant que tout est clair, ça ne vous dérangerait pas d’arrêter un peu vos conneries vous deux, je ne crois pas que Niels…
- On parle de moi ?

Niels était rentré silencieusement, tenant dans ses mains plusieurs cartes, un marqueur et un rouleau de papier blanc, du type de celui qu’on utilise dans les conférences. Il nous regardait, attendant une réponse, mais sachant très bien qu’il n’y en aurait pas. Il posa tout son fourbi par terre et accrocha un large bandeau de papier sur le mur.

- Ce rond que je trace, sur la gauche, c’est nous, à l’endroit où nous sommes. Nous n’allons pas rester ici, nous allons partir (il trace une grande flèche) là. Cet endroit n’a pas de nom, il n’est même pas indiqué sur les foutues cartes que je vous ai fourni. Et pourtant ce sont les cartes les plus précises que vous pourrez trouver de ce coin là. Il se trouve que c’est parfait, nous pourrons procéder à tous les arrangements que nous voudrons ici. Et le plus beau c’est que nous allons pouvoir foutre une sacrée raclée à cette bande de merdeux ensuite.

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Co-work [6]

novembre 13th, 2007 | Category: Co-work,Compulsive logorrhea

T.o.d.a.y.I.s.

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- Et il n’y avait pas ne serais-ce qu’un mot dans le colis, du genre « salut mec, ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu en tête-à-tête hein ? »
- En tête-à-tête, oui, toujours aussi tordant à ce que je vois…
- Oh ça va, sois sarcastique si ça te chante, mais répond moi quand je te pose une question.
- Si.
- Et qu’est ce que ça disait ?
Niels passa sa main sur le haut du réfrigérateur, soulevant au passe un nuage de poussière grisâtre. Il déplia le papier qu’il avait réussi à saisir.

- « Avec mes compliments, ton vieil ami R. », plutôt succinct, n’est ce pas ?
- R, comme l’autre barge, si c’est bien à lui que je pense ?
- Lui-même oui, ça ne fait aucun doute.
- Il n’est pas censé être en taule ?
- Pas tout à fait, aux dernières nouvelles, il avait été transféré en hôpital psychiatrique, apparemment il n’était pas très respectueux de ses petits camarades de cellule, surtout de leurs cadavres en fait. Mais je ne vais pas te raconter les détails de ses nouvelles perversions…
- Il semblerait qu’il soit sorti, et j’ai dans l’idée qu’il n’est pas totalement guéri.
- Je me suis fait la même réflexion. Ce qui est gênant c’est qu’il a retrouvé ma trace et donc la notre, qu’il nous en veut et qu’à mon avis, il n’est pas seul.

C’était officiel, j’étais que je le veuille ou non impliqué dans ce merdier à partir de cet instant. Je n’avais de toute façon aucun moyen de refuser d’aider Niels, plus maintenant. Il savait encore beaucoup de choses, ça se sentait. Décidément, il prenait son temps.

- Pas seul, qu’est ce que tu entends par là ?
- Tu te souviens de nos petits « ennuis » en rapport avec Ralph, il y a quelques temps ?
- J’aurais du mal à ne pas m’en souvenir, j’en ai gardé quelques cicatrices qui m’ont valu pas mal d’interrogations de la part de la gente féminine, vois-tu…
- Eh bien j’ai appris qu’il avait rassemblé tous ceux qui restaient de son « équipe », les morts ne reviendront pas évidemment, mais si on fait un rapide calcul, ça fait une demi-douzaine de fêlés qui auraient mieux fait de nous oublier et qui seraient ravis de voir nos têtes à côté de celle d’An.
- Et nous sommes deux, bien, très bien… On est bien parti.
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Co-work [4]

octobre 08th, 2007 | Category: Co-work,Compulsive logorrhea

T.o.d.a.y

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J’attendais un grésillement venant de l’interphone ou un déclic venu de la serrure, mais ça n’a pas été le cas. Au lieu de ça, j’ai senti mon portable vibrer. J’avais un message. C’était plutôt concis étant donné qu’il n’y avait que cinq chiffres: « 08113″, sans doute le digicode. Comme je m’y attendais, la porte s’est ouverte comme par magie une fois la combinaison composée. J’ai vite monté les quatre étages, après tout je n’allais pas m’attarder à admirer la peinture décrépie de la cage d’escalier. Ça m’a permis de constater que j’étais encore relativement en forme puisque je n’étais pas essoufflé en arrivant devant la porte. J’allais sonner quand mon portable se remit à vibrer: « c’est ouvert ». Bon, j’étais peut être en forme, mais pas très discret, pour le coup. Tant pis, ça n’était pas le sujet de toute façon pour le moment.
J’ai doucement ouvert la porte, ne sachant pas trop à quoi m’attendre de l’autre côté. L’entrée était absolument et littéralement vide. Rien, personne et pas le moindre objet. Idem dans les pièces adjacentes, comme si l’appartement venait d’être acheté, ou déménagé. J’ai avancé dans la direction qui me semblait être celle de la chambre, me demandant soudainement ce que je foutais ici.

- Ouais viens-donc par ici.
- Niels?
- Qui d’autre couillon? Allez, rentre, je te dis.

Ce que j’ai fait. La première chose que j’ai remarqué a été le bordel strictement innommable, le désordre, le chaos absolu qui régnait dans cette pièce. Niels trônait, assis sur un lit qui semblait être le seul rescapé d’un tremblement de terre. Les placards débordaient de vêtements et de bouquins en vrac, le sol était jonché d’objets en tout genre et des meubles empilés les uns sur les autres remplissaient la majorité de l’espace. Je crois que je n’aurais su donner la couleur de la moquette (tout du moins je supposais que c’en était) tellement elle était recouverte d’immondices diverses. Niels semblait s’amuser de ma consternation et arborait un sourire narquois. Il n’avait pas vraiment changé depuis la dernière fois où je l’avais vu: grand, blond aux yeux gris, toujours aussi maigre, les traits taillés assez durement, affublé d’une coiffure digne d’un militaire et au look assorti, treillis et rangers. Pour l’instant il se contentait de me regarder, l’air de bien rire intérieurement, sans dire un mot.
Je me suis assis sur ce qui semblait être une chaise et j’ai attendu qu’il commence à parler. Ça n’a pas été long.

- Tu m’excuseras, je n’ai pas vraiment eu le temps de faire le ménage. Et puis je me suis dit que ce foutoir pourrait toujours servir si jamais j’avais des cadavres à planquer un jour.
- J’espère que tu ne m’as pas appelé pour ranger, cadavres ou pas.
- Pas tellement, non. Quoique si on parle de macchabées et de « faire le ménage »…
- Qu’est-ce que ça signifie au juste?
- Oh, sois pas pressé. Commençons par le commencement, qu’est-ce que tu es devenu pendant ces trois ans?

Pas de doute, c’était toujours le même, jamais pressé quand il s’agissait de mettre les autres au courant.

- Eh bien, pas grand-chose en fait, j’ai gentiment cultivé mon agoraphobie chez moi en me démerdant pour trouver de quoi subsister avec des boulots de merde quand ça devenait absolument nécessaire. J’ai manqué de me flinguer une dizaine de fois. La routine en gros, le lot quotidien d’un inadapté social, je suppose, ni plus ni moins. Tu étais où toi? J’ai entendu dire que tu avais pas mal bougé, non?

Il secoua la tête, me faisant comprendre qu’il ne comptait rien dire encore.

- J’ai dit chaque chose en son temps. Il s’est passé quoi au niveau de Lola?
- On va dire que ça a mal fini. De toute façon ça fait plus de deux ans, laisse ça.
- Ok, ok, sujet sensible, je vois. Et les deux autres, tu sais ce qu’ils deviennent?
- Pas vraiment.
- Pas vraiment hein…

Il s’est levé pour aller se placer devant la fenêtre, enjambant au passage une machine à écrire posée sur une pile de volumes de l’encyclopaedia universalis.

- Il se trouve que je le sais, moi. Et c’est précisément à ce propos que je t’ai fait venir.

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Co-work [2]

septembre 09th, 2007 | Category: Co-work,Compulsive logorrhea

Cette histoire est écrite en collaboration avec Distant-skies

Le principe est simple, chacun d’entre nous rédige une partie de l’histoire, il a fait le début, ceci est la deuxième partie. Pour lire la première (ce qui est plus que conseillé), je vous invite à cliquer sur le petit « T » ci-dessous.

T.o.d.a.

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J’ai donc traversé la place peuplée d’une pléthorique masse d’abrutis notoires en essayant de ne pas trop y prêter attention, chose d’autant moins évidente que c’est exactement le seul objectif de la majorité de ces piètres individus: qu’on s’intéresse à leur insupportable petite personne. Je n’y faisais tellement pas attention que j’ai fini par entrer en collision avec l’un d’entre eux, qui se trouvait être une sorte de masse dégoulinante de maquillage et dont l’accoutrement aurait fait hurler à la mort n’importe quel détecteur de métal et ce, à plus de cent mètres. La chose s’étala sur le sol dans un grand bruit de ferraille en vociférant d’une voix haut perchée et profondément risible. J’en étais là à le regarder du coin de l’œil, poursuivant mon chemin, quand je me suis rendu compte que j’étais cerné par une demi-douzaine de vampires maladifs qui semblaient appartenir à la plus pure engeance pseudo-gothique. Selon toute probabilité, ils cherchaient à m’intimider. Très bien, il sera dit que cette journée était placée sous le signe des emmerdements. Je me suis arrêté et j’ai consenti à retirer un de mes écouteurs.

- Je peux vous aider?

La chose que j’avais percuté s’adressa à moi, l’air très énervé, yeux exorbités et la bave aux lèvres:

- Ouais connard, t’as intérêt à t’excuser!

Je retenais un rire, sa voix était décidément trop ridicule, c’était vraiment un comble, c’est lui qui aurait du s’excuser pour cette nuisance sonore. L’ironie me semblait être la réponse la plus appropriée face à ce parasite.

- Parce que tu bouchais le passage?
- Putain, je vais te péter la gueule, tu verras qui bouche le passage!

Et il s’élança vers moi, tous pics dehors. Je n’ai eu qu’à me décaler sur le côté, le saisir par l’épaule, placer ma jambe devant son genou et accélérer son impulsion. Il s’étala, tête la première sur le sol avant même d’avoir compris qu’il allait être condamné à manger de la soupe pendant un certain temps. Il était complètement hors d’état de nuire.

- Des volontaires?

Etrangement, plus personne ne me barrait la route. Bande de nazes. J’ai remis mon écouteur droit avant de reprendre ma route d’un pas vif. C’est que j’allais finir par arriver en retard, avec toutes ces conneries.
J’ai fini par arriver à la station sans difficultés particulières. Il n’y avait qu’un petit vieux à attendre avec moi, j’étais tranquille. Le tram est arrivé, raisonnablement plein, c’est-à-dire que je pouvais me tenir en un point de celui-ci sans toucher personne. Ça, c’était plutôt appréciable, même si la seule vue de la faune emplissant la rame suffisait à m’incommoder.
Je savais que d’arrêts en arrêts, il y aurait de plus en plus de monde. Ça n’a pas loupé. J’ai vite fini écrasé entre une espèce de gros tas moustachu et suant et une pouffiasse modèle de luxe: string apparent et tee-shirt taille XXS à paillettes roses. Son visage était d’une beauté assortie à ses goûts vestimentaires, et elle ne cessait de me regarder d’un air outré, comme si j’étais une sorte de pervers qui passait son temps à serrer de près les morues dans son genre à l’intérieur des transports en commun.
Le tram freina brutalement à un arrêt et le gros derrière moi me projeta sur la fille. Hurlant un « espèce de connard! » particulièrement strident, elle me mit une gifle et sortit de la rame. Saloperie.
Il ne me restait heureusement plus que deux stations avant de descendre. Ma joue devait être bien rouge, parce que je sentais qu’on me regardait bizarrement. J’avais bien besoin de ça, tiens. Je me suis dépêché de retrouver l’espace extérieur une fois arrivé. Pas tellement mieux. C’était tout aussi mal fréquenté. Je pensai au message que j’avais reçu et me dit que je serais très énervé (et c’était un sacré euphémisme) si l’autre m’avait fait venir jusque chez lui pour rien. Ce n’était vraiment pas le genre de chose que je laissais passer sans brocher. Mais étant donné l’insistance que contenaient les quelques phrases que j’avais lues, j’avais de bonnes raisons de penser qu’il était très sérieux.

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Pieces of fate. [1.2]

août 14th, 2007 | Category: Compulsive logorrhea

J’étais ici depuis trois heures.Assis sur le bord de cette route, le dos contre le métal brûlant de ma Ford Mustang, à regarder les ombres épaisses comme si elles avaient été peintes sur le sol, plissant des yeux quand parfois une voiture passait en trombe, soulevant la poussière.
Et la poussière retombait, comme elle semblait le faire depuis des siècles sur cet asphalte craquelé et frémissant de chaleur, où l’on peinait à distinguer les vestiges d’une interminable suite de tirets d’un gris jaunâtre.
Une goutte de sueur tomba sur ma joue et alla rouler jusque sur ma lèvre, mélangeant son goût âcre et salé à la saveur insipide de salive mentholée du chewing-gum que je mâchais nerveusement depuis que j’étais là.
Rien, il ne se passait rien. Et je trouvais le temps long. Le paysage d’une plombante monotonie étalait dans l’air lourd des kilomètres d’herbe sèche, d’arbustes rabougris et de cailloux qui n’avaient même pas l’ambition de pouvoir fournir de l’ombre aux insectes. Un désolant désert tout juste assez cabossé pour qu’on prenne la peine d’y tracer une route, un déprimant ruban en ligne droite dont on pensait ne jamais voir la fin.
Avec un soupir, je remontai mes lunettes noires et, retroussant la manche poisseuse de ma chemise, regardai l’heure. Quatre heures trente-sept et huit secondes, post-meridian, bien entendu. C’est qu’ils en mettaient, du temps. A peine m’étais-je fait cette réflexion que je remarquai un nuage au loin, sans doute un autre touriste filant vers l’est, mais on ne savait jamais. Je fixai donc ce point qui se rapprochait à grande vitesse, sa traînée de particules en suspension à sa suite.
Au bout d’une vingtaine de secondes, je perçut le bruit d’une sirène. Enfin, me dis-je en me levant. J’ouvris le coffre, me saisit du fusil à pompe automatique et d’une boite de cartouches. Enfin, et je chargeai mon arme, enfin un peu d’action.
La voiture s’arrêta dans un grand crissement, projetant des gravillons un peu partout. Très malin de leur part, un nuage épais s’éleva autour du véhicule de police. Encore qu’ils ne l’avaient peut être pas prévu. Ce n’était pas important, de toute façon.

Le bruit des portières s’ouvrant coïncida très exactement avec celui de ma première pression sur la gâchette. Il y eu un cri, ce qui me donna avec certitude la position de la prochaine cible. Pan. Un juron sur ma gauche. Pan. Vite fait. Bien fait.

La poussière retomba, comme elle le faisait depuis des siècles.
Il était temps de repartir.

Merci a Distant-Skies pour les retouches sur la fin.

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On n’échappe pas à certaines choses.

mars 13th, 2007 | Category: Delirium tremens

Je ne sais pas si vous avez remarqué ma superbe page Atropos [ à propos, Atropos, avouez que c'est génial (si vous ne comprenez rien, allez donc voir ) ] sur laquelle il n’y a justement rien à mon sujet, mais juste un formulaire de contact.

Forcément, j’aurais du me douter que des abrutis dans son genre allaient en profiter pour me casser les couilles, mais maintenant, c’est trop tard.

Donc, comme je suis hideusement serviable, plein de bonne volonté à en vomir par les oreilles et monstrueusement aimable, je réponds à sa réclamation, qui consiste en ceci:

Age: en constante augmentation
Sexe: idem
Coupe de cheveux: indéfinie
Taille (en m): plusieurs
Taille (en cm)(je te laisse deviner de quoi je te parle): idem
Distance entre ton majeur et le bout de ton nez lorsque tu as la main droite sur le pied gauche: j’ai pas de règle sous la main, autre chose à foutre que d’aller en chercher une
Quantité de crack fumé par heure: fumer c’est mal
Zone d’apprivisionnement en crack: s’approvisionner encore plus
Couleur des yeux: les yeux de qui?
Tapis préféré: Tapis russe
Nom de ton futur arrière-petit-fils:
Matière favorite: le plastique
Film favori: « L’Entrée d’un train en gare de la Ciotat »
Acteur favori: le mec là…avec des cheveux
Slip/caleçon favori: je ne porte que des combinaisons de latex, c’est bien connu
Paire de chaussettes favorite: voir réponse précédente
Jeu favori: le Winchester de Saint Félix [ si ça en intéresse, je ferais un post sur ce jeu formidable ]
Auteur favori: moi même
Débile favori: moi même
Favori favori: google
Pâtes favorites: la pâte à modeler et la pâte de verre
Mesure en Newton de ton poids lors d’une projection (avec les frottements de l’air non négligeables) par une fenêtre: ta gueule?
Âge du Capitaine: voir réponse à la première question
Date de mort prévue: éventuellement 08/04/2016
Adresse: chez moi
Numéro bancaire: je ne l’ai pas en tête, sinon j’aurais été ravi de le donner
Montant sur le compte bancaire: cette phrase est bourré de fautes, j’aurais plutôt dit « en montant sur le comte Bancaire », après, je ne veux pas savoir la suite…
Estimation en km2 de la surface remplie par ton organe reproducteur: je ne vois pas où tu veux en venir, le mien n’est pas plat, que je sache, si c’est le cas en ce qui te concerne, j’en suis navré, mas je n’y peux rien.
Volume de connerie débité par heure /jour /mois /année /décennie /siècle /millénaire: excessif

On n’a pas idée d’envoyer des questionnaires pareils à de braves et honnêtes gens comme moi, vraiment. D’ailleurs je précise que j’éviscèrerai moi même et avec mes ongles toute personne tentant de se prêter à ce petit jeu de nouveau.

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